LE TRIO • Carré d’As
Portraits musicaux de Couperin, Forqueray, Marais et Rameau

CARRÉ D’AS : quatre figures majeures de la musique baroque française.
François Couperin, Antoine Forqueray, Marin Marais et Jean-Philippe Rameau : comme les As d’un jeu de cartes d’exception qui réunirait les portraits de ces quatre compositeurs dont la singularité et le génie ont marqué durablement l’histoire de la musique.
Ce concert est conçu comme une série de de miniatures musicales, chacune révélant une personnalité, une esthétique et une manière unique de traduire les passions humaines. De l’élégance raffinée de Couperin à la puissance expressive de Forqueray, de la profondeur sensible de Marais au génie harmonique de Rameau, ces portraits offrent une palette contrastée d’émotions et de caractères.
En plus de portraits réalisés par d’autres compositeurs, chacun des “As” s’est également doté d’un autoportrait :
– François COUPERIN (1668-1733), organiste titulaire de Saint-Gervais et de la Chapelle Royale par quartier, cumula des fonctions à la Cour du Roi Soleil (exercées avec discrétion et modestie) avec une carrière de compositeur, et de professeur de clavecin très recherché. On lui donna le surnom de « Couperin le Grand » pour l’identifier parmi tous les membres de cette famille qui compta de nombreux musiciens. Il édita son autoportrait musical, “La Couperin”, dans son Quatrième Livre de pièces de clavecin (Paris, 1730), troisième mouvement du 21e ordre en mi mineur.
– Antoine FORQUERAY (1672-1744), violiste virtuose nommé musicien ordinaire de La Chambre du Roy Louis XIV en 1689, mais dont la vie agitée créa des remous notables dans l’exercice de son métier et même jusque dans les tribunaux de la justice, écrivit son autoportrait “La Forqueray” qui fut par la suite édité par son fils, Jean-Baptiste-Antoine, à Paris en 1747, deuxième mouvement de la 1re suite en ré mineur.
– Marin MARAIS (1656-1728), joueur de viole dans la musique de la Chambre du Roi Louis XIV, considéré par Hubert Le Blanc comme le père de la viole de gambe en France, car il semblait “joüer comme un Ange”, écrivit vers la fin de sa vie un opus très innovant pour violon, viole et clavecin (La Gamme et autres morceaux de symphonie, Paris, 1723), avec notamment une sonate en autoportrait, “à la Marésienne”.
– Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764), qui “fut par son vaste génie de la Musique le flambeau” (L’almanach des Muses 1766), incroyable théoricien et innovateur dans ses compositions, véritable défenseur d’une musique française par rapport à la musique italienne jusqu’à tard dans le XVIII° siècle, auteur lyrique dévoilé après ses 50 ans, composa en pleine maturité un autoportrait se trouvant dans ses Pièces de clavecin en concerts (Paris, 1741), troisième et dernier mouvement du 4ème Concert en Sib Majeur.
Une imbrication de portraits tout en entrelacs qui nous font tourner la tête : Forqueray dresse le portrait de Couperin, Couperin trace le portrait de Forqueray, Forqueray brosse le portrait de Rameau, Rameau dresse le portrait de Marais, etc.
Pour compléter ces tableaux, nous présentons des portraits écrits par des contemporains :
– François d’AGINCOURT (1684-1758), claveciniste et organiste de l’église de la Madeleine-en-la-Cité, puis titulaire des orgues de la cathédrale Notre-Dame de Rouen ainsi que de l’orgue de l’abbatiale Saint-Ouen, et enfin un des quatre organistes de la Chapelle Royale.
– Josse BOUTMY (1697-1779), organiste et claveciniste des Pays-Bas méridionaux, actuelle Belgique, musicien de la collégiale Sainte-Gudule et organiste à la Chapelle Royale de Bruxelles.
– Louis de CAIX D’HERVELOIS (1677-1759), un des derniers grands représentants de l’école française de viole, ayant eu une carrière de musicien indépendante de la Cour.
– Louis-Antoine DORNEL (1680-1757), violoniste et organiste de l’église de la Madeleine-en-la-Cité et de la Chapelle Royale, expert reconnu en facture d’orgue et excellent claveciniste, maître de musique du Roi pour les académies françaises.
– Jacques DUPHLY (1715-1789), d’abord organiste de la cathédrale d’Évreux puis dans plusieurs églises à Rouen ; il quitta l’orgue pour s’installer à la capitale en tant que claveciniste, afin de ne pas abîmer ses mains aux claviers d’un orgue, beaucoup moins délicats que ceux d’un clavecin (d’après Marpurg), vivant en tant que professeur et fréquentant les salons parisiens où il jouit d’une grande réputation.
– Charles-Alexandre JOLLAGE (ca.1700-1761), claveciniste et organiste des orgues de Notre-Dame ainsi que du couvent des Petits Pères à Paris ; également organiste de Stanislas Leszczyński, roi de Pologne exilé en France, et professeur de musique reconnu.
– Pierre-Nicolas LAFONT (1724-1783), organiste de la paroisse royale de Saint-Germain-en-Laye, lié à la famille Clicquot, aux frères Forqueray et à d’autres musiciens de la capitale.
– Jean-Féry REBEL (1666-1747), membre des Vingt-quatre Violons du Roi, puis maître de musique à l’Académie royale de Musique et compositeur de la Chambre du Roi, et enfin maître de musique de l’Académie Française.
Il y a donc :
– 5 portraits de Couperin (dont un autoportrait)
– 8 portraits de Forqueray (dont un autoportrait)
– 4 portraits de Marais (dont un autoportrait)
– 3 portraits de Rameau (dont un autoportrait)
Nous avons à cœur de faire entendre ces musiques non comme des pièces figées dans le passé, mais comme des œuvres vivantes, expressives et profondément humaines. Chaque portrait met en lumière des langages musicaux singuliers et distincts, tout en soulignant les résonances et les dialogues qui existent entre ces compositeurs, parfois proches dans l’esprit.
La dimension scénique, grâce à des tableaux (reproductions d’époque) imprimés sur des tissus, favorise la clarté, l’écoute et surtout la proximité avec cet univers sonore où les auteurs semblent nous parler d’eux comme s’ils étaient à nos côtés.
Cette musique nous accompagne depuis longtemps. Le travail de musique de chambre que nous faisons est assez spécifique : nous choisissons des œuvres phares, nous prenons le temps d’un travail de maturation, et nous les ajoutons alors à notre répertoire. Nous vivons ainsi avec certaines pièces depuis bientôt 20 ans, ce qui donne à notre interprétation, nous l’espérons, une liberté et une profondeur sans équivalent, et que nous a permis de réaliser un enregistrement (sortie juillet 2026 – label Château de Versailles Spectacles).
Nous vous souhaitons de célébrer avec ce carré d’as l’excellence et la diversité de la musique française du XVIIIᵉ siècle, en découvrant, ou redécouvrant, quatre maîtres dont les œuvres continuent de résonner avec force et modernité.
Avec
Yoko Kawakubo violon
Myriam Rignol viole de gambe
Julien Wolfs clavecin