Jean-Philippe Rameau • Pièces de Clavecin en Concerts

Jean-Philippe Rameau
Intégrale des Pièces de Clavecin en Concerts
Flora 2014 (UVM distribution)

« Un travail d’orfèvre sensible et illuminé par l’intelligence. Les Timbres nous livrent une éblouissante leçon de musique de chambre (…) ». Diapason

Le succès des Sonates qui ont paru depuis peu, en Pieces de Claveçin avec un Violon, m’a fait naître le dessein de suivre à peu près le même Plan dans les nouvelles Pieces de Claveçin que je me hazarde aujourd’hui de mettre au jour : j’en ai formé de petits Concerts entre le Claveçin, un Violon ou une Flute, & une Viole ou un 2e Violon ; le Quatuor y regne le plus souvent.”  Jean-Philippe Rameau, Avis aux Concertants

Ce programme est intimement lié à l’identité artistique des Timbres. Leur premier disque consacré à l’intégrale des Pièces de clavecin en concerts reçoit l’éloge de la presse et la distinction d’un « Diapason d’or » pour une « éblouissante leçon de musique de chambre ».

 

Revue de presse

« Quintessence de la musique de chambre »

Frédéric Degroote,
Agora Vox, septembre 2014

« La version qu’en donne Les Timbres est d’emblée admirable. Les premières mesures donnent le ton tant dans la cohésion du trio que la liberté de parole, et il est d’autant plus réjouissant de le signaler que c’est le premier disque de l’ensemble. Cinq ans après leur Premier Prix obtenu au Concours International de Bruges, ils mettent la barre très haut en proposant un discours lumineux et fluide ainsi qu’une énergie favorisant cette lecture tout en relief. Ecoutez le dialogue des cordes ou l’autorité et la tendresse du clavecin de Julien Wolfs. Tout semble facile sous leurs doigts et archets alors que c’est l’un des recueils de musique de chambre les plus redoutables. Désarmante La Cupis, brillante L’Agaçante, gracieuse La Boucon rendue à sa juste valeur, tout ceci est frais, enjoué, équilibré ; les intentions sont diablement précises et la conduite des phrases d’une clarté limpide comme en témoigne la Fugue La Forqueray.

Virtuose La Rameau ? Jamais trop car le trio sert cette musique en musiciens sensibles, tapissant ces mouvements de fusion entre viole et violon comme autant de possibilités de mettre en valeur la science harmonique de Rameau. A noter que la viole de gambe de Myriam Rignol, copie de l’instrument conservé à la Cité de la Musique de Paris, possède huit cordes au lieu de sept afin de simplifier le registre aigu mis à contribution dans ces pièces. Autant de petit détails qui honorent ce (grand) disque d’une force poétique troublante. Une certaine quintessence de la musique de chambre en somme. »

« Rameau en confidence »

Jean-Christophe Pucek,
Passée des arts, octobre 2014

« Pour son premier disque, l’ensemble Les Timbres a choisi de se conformer strictement à l’effectif précisé sur le frontispice de l’édition de 1741 et de jouer sans détour la carte de la proximité qu’offre ce dispositif. Cette option se révèle payante, car elle est défendue par un trio de musiciens qui, non content de nous apporter la fraîcheur du regard et l’investissement que l’on est en droit d’attendre de la part de jeunes interprètes, nous étonne par sa maîtrise et sa déjà tangible maturité.

Tout, dans cette réalisation, semble avoir été soigneusement pesé et pensé, et c’est en confidence, au sens ancien de confiance intime de ce mot, qu’elle nous est offerte ; sans une once d’arrogance et nulle de ces poses déjà ringardes à vouloir paraître trop branchées adoptées par certains de leurs confrères trop soucieux de leur apparence, les trois compères nous prennent par la main en toute simplicité et nous entraînent dans une galerie de portraits à la fois fantasques et familiers que l’on parcourt à leurs côtés avec un plaisir qui ne s’effiloche pas au fil des écoutes.

Le violon charmeur avec juste ce qu’il faut de mordant de Yoko Kawakubo, la viole moirée et chaleureuse de Myriam Rignol, le clavecin précis et pétillant de Julien Wolfs méritent certes des éloges individuellement, mais on a surtout envie de saluer la belle entente qui règne entre eux et leur permet de trouver en permanence le ton juste et de dialoguer de façon naturelle, nous rappelant au passage que dans la France de Rameau, la conversation était un art. »

« Une magnifique leçon de musique de chambre »

Évariste de Monségou,
Muse Baroque, décembre 2014

« Pour son premier disque, le jeune ensemble Les Timbres ne craint pas de s’affronter à l’un des recueils de musique de chambre les plus redoutables du répertoire. Les jeunes instrumentistes considèrent cet ouvrage à la fois comme le dernier livre de pièces de clavecin de Rameau et comme les premiers trios à clavier, préfigurant Haydn, Mozart, Beethoven et Schubert.

De ces pièces de genre évoquant, un lieu, une personnage ou un caractère, selon un investissement d’une belle fraîcheur, Les Timbres en font une conversation intime, proche de la confidence avec la maîtrise d’une maturité déjà bien établie. Ils parcourent cette galerie de portraits à la fois familiers et étonnants avec grand naturel comme une plaisante et curieuse promenade, rendant la musique de Rameau aussi élégante que caractérisée. Avec une cohésion totale du trio, on apprécie leur liberté de parole où violon et viole fusionnent parfois tandis que le clavecin donne le cap sans pesanteur.

Ajoutons que comme souvent chez le (petit) label Flora, la présentation en digipack est particulièrement soignée avec d’élégantes illustrations et un livret bilingue français-anglais fort instructif, qui reproduit en outre la page de frontispice de l’édition de 1741.

Ce premier essai fort réussi nous donne une magnifique leçon de musique de chambre. »