Opéra • Jean-Baptiste Lully, Proserpine

Version d'Anvers - 1682

En création au festival Musique et Mémoire le 17 juillet 2015

Tragédie en musique sur un livret de Philippe Quinault, Proserpine fut créée le 3 février 1680 à Saint-Germain en Laye. A cette date, Lully est à la tête de l’Académie Royale de musique depuis déjà 8 ans, et il règne en maître sur le monde musical de la Cour du Roi Soleil, dont il a éclipsé par sa renommée et son caractère la plupart de ses collègues compositeurs dramatiques.

Cette tragédie en musique suscita l’enthousiasme de ses contemporains, comme en témoignent Madame de Sévigné dans sa lettre du 9 février 1680 : « l’opéra est au dessus de tous les autres », et le nombre de reprises de cette œuvre : plus de 10 fois entre 1680 et 1758 à Fontainebleau et au théâtre du Palais Royal, elle fut représentée également à Wolfenbüttel en 1685, à Amsterdam, le 15 septembre 1688 et en 1703 ; des représentations eurent lieu également à Lyon en 1694, à Rouen en 1695. Proserpine fut un des premiers opéras représentés à Anvers, fin 1682, du vivant de son auteur, et c’est cette version là dont nous proposons la re-création.

Au musée Vleeshuis d’Anvers, les partitions originales utilisées lors de cette représentation sont conservées. Grâce au concours du conservateur du musée, nous avons pu accéder aux partitions, et en avoir des copies. Ces partitions sont d’un intérêt extrême, car elles permettent de déduire facilement l’instrumentation utilisée pour cette représentation : 2 dessus et basse-continue. Cette instrumentation, si tant est qu’elle puisse nous surprendre actuellement (réduire l’effectif d’un opéra à une poignée de musiciens !), est des plus courante à l’époque : en effet, l’orchestre de Lully était alors très fourni – 5 parties de cordes et de nombreux vents -, et il était donc difficile d’imaginer pouvoir jouer avec cette formation dans un cadre restreint. Réduire l’effectif instrumental permettait ainsi de pouvoir « transporter » la musique (comme on le fait peut-être aujourd’hui avec les enregistrements ?). Cette instrumentation légère convient particulièrement à notre ensemble Les Timbres, qui promeut la musique de chambre, et non pas l’orchestre. Et l’on peut dire que la version d’Anvers de Proserpine de Lully est une version de musique de chambre d’un grand opéra français.

Synopsis

Cérès, déesse de la fertilité et des moissons, reçoit par l’intermédiaire de Mercure l’ordre de quitter la Sicile et de partir répandre ses bienfaits sur la Phrygie. Elle confie alors aux soins de ses suivantes sa fille, Proserpine, qu’elle a eu de Jupiter, dont elle a été aimée et qu’elle aime encore. C’est alors que Pluton enlève Proserpine. Les suivantes de Cérès descendent aux Enfers pour y chercher Proserpine, mais pendant ce temps, revenue en Sicile, Cérès cherche sa fille en vain et, folle de douleur et d’incertitude, brûle les moissons qu’elle a favorisées. Pluton cherche à charmer Proserpine, que les suivantes ont retrouvée, mais Proserpine lui résiste. Malgré la puissance de Jupiter, le père de Proserpine, Pluton est décidé à conserver Proserpine, et deux suivantes vont informer Cérès de la situation. La déesse implore alors Jupiter qui tranche : Proserpine partagera son temps entre son époux, Pluton, et sa mère.

Distribution

Proserpine (dessus) Julia Kirchner
Cérès (bas-dessus) Cécile Pilorger
Mercure (haute-contre) : Branislav Rakic
Alphée (taille) Josep Benet
Jupiter (basse-taille) Josep Cabré
Pluton (basse) Marc Busnel

Yoko Kawakubo et Maite Larburu violon
Elise Ferrière Flûtes à bec
Benoît Laurent hautbois et flûtes à bec
Myriam Rignol viole de gambe
Etienne Floutier violone
Julien Wolfs clavecin
Miléna Duflo percussions

Jana Rémond mise en espace