Jean-Philippe Rameau • Pièces de Clavecin en Concerts

« Quintessence de la musique de chambre »

Frédéric Degroote,
Agora Vox, septembre 2014

« La version qu’en donne Les Timbres est d’emblée admirable. Les premières mesures donnent le ton tant dans la cohésion du trio que la liberté de parole, et il est d’autant plus réjouissant de le signaler que c’est le premier disque de l’ensemble. Cinq ans après leur Premier Prix obtenu au Concours International de Bruges, ils mettent la barre très haut en proposant un discours lumineux et fluide ainsi qu’une énergie favorisant cette lecture tout en relief. Ecoutez le dialogue des cordes ou l’autorité et la tendresse du clavecin de Julien Wolfs. Tout semble facile sous leurs doigts et archets alors que c’est l’un des recueils de musique de chambre les plus redoutables. Désarmante La Cupis, brillante L’Agaçante, gracieuse La Boucon rendue à sa juste valeur, tout ceci est frais, enjoué, équilibré ; les intentions sont diablement précises et la conduite des phrases d’une clarté limpide comme en témoigne la Fugue La Forqueray.

Virtuose La Rameau ? Jamais trop car le trio sert cette musique en musiciens sensibles, tapissant ces mouvements de fusion entre viole et violon comme autant de possibilités de mettre en valeur la science harmonique de Rameau. A noter que la viole de gambe de Myriam Rignol, copie de l’instrument conservé à la Cité de la Musique de Paris, possède huit cordes au lieu de sept afin de simplifier le registre aigu mis à contribution dans ces pièces. Autant de petit détails qui honorent ce (grand) disque d’une force poétique troublante. Une certaine quintessence de la musique de chambre en somme. »

« Rameau en confidence »

Jean-Christophe Pucek,
Passée des arts, octobre 2014

« Pour son premier disque, l’ensemble Les Timbres a choisi de se conformer strictement à l’effectif précisé sur le frontispice de l’édition de 1741 et de jouer sans détour la carte de la proximité qu’offre ce dispositif. Cette option se révèle payante, car elle est défendue par un trio de musiciens qui, non content de nous apporter la fraîcheur du regard et l’investissement que l’on est en droit d’attendre de la part de jeunes interprètes, nous étonne par sa maîtrise et sa déjà tangible maturité.

Tout, dans cette réalisation, semble avoir été soigneusement pesé et pensé, et c’est en confidence, au sens ancien de confiance intime de ce mot, qu’elle nous est offerte ; sans une once d’arrogance et nulle de ces poses déjà ringardes à vouloir paraître trop branchées adoptées par certains de leurs confrères trop soucieux de leur apparence, les trois compères nous prennent par la main en toute simplicité et nous entraînent dans une galerie de portraits à la fois fantasques et familiers que l’on parcourt à leurs côtés avec un plaisir qui ne s’effiloche pas au fil des écoutes.

Le violon charmeur avec juste ce qu’il faut de mordant de Yoko Kawakubo, la viole moirée et chaleureuse de Myriam Rignol, le clavecin précis et pétillant de Julien Wolfs méritent certes des éloges individuellement, mais on a surtout envie de saluer la belle entente qui règne entre eux et leur permet de trouver en permanence le ton juste et de dialoguer de façon naturelle, nous rappelant au passage que dans la France de Rameau, la conversation était un art. »

« Une magnifique leçon de musique de chambre »

Évariste de Monségou,
Muse Baroque, décembre 2014

« Pour son premier disque, le jeune ensemble Les Timbres ne craint pas de s’affronter à l’un des recueils de musique de chambre les plus redoutables du répertoire. Les jeunes instrumentistes considèrent cet ouvrage à la fois comme le dernier livre de pièces de clavecin de Rameau et comme les premiers trios à clavier, préfigurant Haydn, Mozart, Beethoven et Schubert.

De ces pièces de genre évoquant, un lieu, une personnage ou un caractère, selon un investissement d’une belle fraîcheur, Les Timbres en font une conversation intime, proche de la confidence avec la maîtrise d’une maturité déjà bien établie. Ils parcourent cette galerie de portraits à la fois familiers et étonnants avec grand naturel comme une plaisante et curieuse promenade, rendant la musique de Rameau aussi élégante que caractérisée. Avec une cohésion totale du trio, on apprécie leur liberté de parole où violon et viole fusionnent parfois tandis que le clavecin donne le cap sans pesanteur.

Ajoutons que comme souvent chez le (petit) label Flora, la présentation en digipack est particulièrement soignée avec d’élégantes illustrations et un livret bilingue français-anglais fort instructif, qui reproduit en outre la page de frontispice de l’édition de 1741.

Ce premier essai fort réussi nous donne une magnifique leçon de musique de chambre. »

François Couperin • Les Concerts Royaux

« Cette réalisation confirme toute l’exigence et l’inspiration que nous avions déjà fêtées »

Philippe Ramin,
Diapason, juillet 2018

DIAPASON D’OR

« Les Timbres élargissent leur ensemble à dix musiciens. Leur ingéniosité nous émerveille.

Examinons la gigue en sol : flûte à bec accompagnée de sa basse… au violon et de la petite octave du clavecin, puis reprise en tutti dont certaines cellules mélodiques sont traitées en écho… Cette véritable chorégraphie suggère une infinité d’intentions, multiplie les angles de vue sur un corps de ballet et ses solistes. La couleur est à la fois un dispositif scénique et on outil discursif.

Surtout, le travail sur ce paramètre amplifie, sans jamais la flouter, la précision fantastique du détail. On sait Couperin très pointilleux sur la question de l’ornementation : la plupart des musiciens ont tendance à prendre cette recommandation à la légère tant il semble légitime de marquer son territoire par quelque signe personnel… En scrutant le moindre recoin de chaque dans, Les Timbres réinvestissent la nature même de l’ornement. Nous emporterons sur l’île déserte la sarabande du Quatrième Concert, où les flûtes rivalisent de tendresse, cette courante au seul clavecin et cette courante « à l’italienne » sérieuse et spirituelle, où les cordes s’enivrent d’une inégalité gourmande. La complicité des musiciens et l’espace dans lequel ils savent prendre place sans s’encombrer permettent à l’étoffe instrumentale de ne jamais peser sur un contrepoint élégant et sophistiqué. Le travail sonore atteint des sommets de raffinement ; l’esprit de la danse peut alors se conjuguer à une nouvelle dimension poétique.

Cette réalisation confirme toute l’exigence et l’inspiration que nous avions déjà fêtées dans les Pièces en concert de Rameau, premier projet discographique des Timbres. L’éloquence du style y est tranquillement souveraine. »

« Couperin… Royal ! »

Bernard Postiau,
Crescendo Magazine, septembre 2018

SON : 10 / LIVRET : 10 / RÉPERTOIRE : 10 / INTERPRÉTATION : 10

« (…) par rapport à ses concurrentes, la présente version s’impose avec évidence car on imagine mal davantage de munificence ramenée à un si petit nombre de musiciens, le tout joué avec une délicatesse et une large respiration qui ne peuvent que frapper l’imagination et inciter à l’apaisement et au plaisir simple d’une écoute sans nuages. Un très beau moment et un disque admirable. »

« Le miracle se produit »

Elvire James,
Classiquenews, mai 2018

CLIC DE CLASSIQUENEWS

« L’ensemble LES TIMBRES ne cesse de régénérer la scène baroque et l’approche des œuvres, dont comme ici, les plus difficiles. Les habitués le savent bien à présent : le collectif incarne une pratique musicale en partage qui révolutionne concrètement le fonctionnement d’un ensemble. Ce jeu sans leader, comme s’il s’agissait pour chaque programme d’une conversation à parties égales, a depuis produit ses effets… souvent éblouissants.

A une telle école de l’intelligence collective, de la suggestion et de l’infinie richesse des nuances, les Timbres font merveille, invitant à leur table raffinée, mélancolique, enivrée, plusieurs complices de leur choix, à leur convenance, car François Couperin (1668-1733), s’agissant de l’instrumentarium de ses Concerts royaux, a laissé l’interprète libre de choisir les combinaisons sonores, question de goût, question de timbres. Ainsi autour du noyau trinitaire (violon / viole / clavecin), se joignent hautbois, flûtes, seconde viole… le miracle se produit à la fois voluptueux et subtil.

L’écriture de Couperin convient d’autant mieux aux Timbres, qu’elle cultive et inspire le jeu collectif, le dialogue, l’esprit d’une conversation idéale. Voici assurément le premier sommet de la musique de chambre française.

La sonorité somptueuse et affûtée caractérise la phalange d’instrumentistes, tous solistes et chambristes de premier plan. Outre la science des phrasés, c’est l’hymne aux couleurs qui saisit. Mais ici, la finesse du geste et l’entente de tous permettent l’épanouissement de chacun. Ni abstraite ni calculée, la musique de Couperin coule avec une apparente sincérité qui est évidence. Une telle maturité est possible par l’intelligence de chacun avec les autres et le goût de la nuance, sans sacrifier le naturel.

Les musiciens réalisent l’un de leurs meilleurs albums : à travers l’éloquence du geste naturel précisément nuancé s’incarne alors une utopie d’ensemble. Les Timbres sont aujourd’hui une phalange sur instruments anciens parmi les plus convaincantes de l’heure. Pareille subtilité s’entend rarement. Procurez-vous en urgence ce disque enchanteur : le nouveau son baroque s’écoute et se dévoile à travers Les Timbres, un ensemble qui séduit décidément de plus en plus par leur éthique, leur engagement, leurs valeurs… un exemple pour toutes les nouvelles générations d’instrumentistes. »

« On fond de bonheur »

Alain Cochard,
Concertclassic, mai 2018

DISQUE DE LA SEMAINE

« Dès le Prélude du Premier Concert, le ton est donné ; on perçoit d’emblée les qualités d’une interprétation qui séduit de bout en bout par le raffinement de ses coloris. Leur justesse – jamais rien de trop fade ni d’excessivement avivé –, alliée à des phrasés d’une souplesse et d’un naturel parfaits, permet aux Timbres de saisir le juste caractère de chaque épisode des quatre ouvrages, avec un fini instrumental admirable, qu’il s’agisse de la qualité d’intonation des cordes ou du fruité délicieux des vents – on fond de bonheur en écoutant les tendres flûtes de la Sarabande du Quatrième Concert… « Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude » : le mot de Cézanne vaut pour dire la merveilleuse réussite des Timbres. »

« Une féerie de couleurs et de timbres »

Alain Huc de Vaubert,
Resmusica, juillet 2018

CLÉ RESMUSICA

« C’est en suivant les recommandations de Couperin que le trio initial des Timbres a augmenté son effectif à dix instrumentistes afin d’obtenir une palette de couleurs aussi riche que possible, et la réussite est totale. L’écriture de Couperin convient parfaitement aux Timbres, cultivant et inspirant le jeu collectif, le dialogue, l’esprit d’une conversation idéale qui caractérise leur identité, ce qui nous avait déjà ravi chez Rameau. Dans ces pièces, leur jeu collectif trouve la respiration juste, l’élégance naturelle et surtout une intonation d’une mélancolie souveraine. Au-delà de la science des phrasés, c’est cette volupté kaléidoscopique de couleurs qui nous enchante, avec toute la spontanéité, le raffinement, la tendresse et la souplesse que requiert cette musique longtemps corsetée dans une austérité hors de mise. On peut considérer qu’il s’agit du premier sommet de la musique de chambre française.

Cette interprétation de haut vol, qui succède à de grands anciens comme Martin Gester (accord 2001), Wieland Kuijken (Accent 2003) ou Jordi Savall (Alia Vox 2005), s’inscrit comme la nouvelle référence de cet ouvrage relativement peu fréquenté.

Comme à l’accoutumée des productions du label belge Flora, la présentation de l’objet est particulièrement soignée dans un digipack illustré d’un tableau Animaux fleurs et fruits d’Alexandre François Desportes (1717, Musée de Grenoble), avec un texte érudit et passionnant. »

« Une vision aboutie empreinte de poésie »

Jean-Pierre Robert,
On Mag, juin 2018

NOTE : 5/5

« Formé en 2007, l’ensemble Les Timbres occupe une place de choix parmi les formations baroques depuis qu’il a remporté le Premier prix du concours international de musique de chambre de Bruges en 2009. (…) L’ensemble Les Timbres donne de ces pièces une vision stylistiquement aboutie, empreinte de poésie et d’une grande pureté instrumentale, qui se signale par son sens de l’équilibre entre les parties, cordes et bois. »

Les Passions de l'Âme • Airs de cour de Lambert & Le Camus

Jeune Public / Tout Public • Le Tournoi Musical

« On atteint des sommets d’expressivité »

Cécile Glaenzer,
Resmusica, août 2019

« Ce soir, c’est la France et l’Angleterre qui se sont affrontées en finale sous la bannière respective de Couperin et de Haendel, pour finalement voir triompher la France et nous offrir en bis Les Tambourins des Pièces de clavecin en concert de Rameau dans une interprétation ébouriffante.

La belle complicité musicale qui règne entre les membres de l’ensemble donne à ces pièces en trio une cohésion et un élan incomparable.

L’Italie ouvre les hostilités avec une sonata da chiesa toute en virtuosité et contrastes, où le violon sensible de Yoko Kawakubo fait merveille. Et c’est avec l’introduction de la partie française, sur un prélude de Marin Marais joué à la viole par Myriam Rignol, que l’on atteint des sommets d’expressivité.

On se souvient que Les Timbres avaient fait forte impression l’année dernière avec leur enregistrement des Concerts Royaux sous le label Flora. La qualité de cet ensemble ne se dément pas. Quant à la présentation en interaction avec le public, elle permet peut-être une écoute plus engagée de l’auditeur. Et nous change favorablement des concerts traditionnels où les musiciens déroulent leur programme sans un mot pour le public. »