à 7 • François Couperin • Concerts Royaux

François Couperin
Intégrale des Concerts Royaux

Salué unanimement par la critique, ce disque reçoit un Diapason d’Or et vient saluer un « travail sonore [qui] atteint des sommets de raffinement; l’esprit de la danse peut alors se conjuguer à une nouvelle dimension poétique ». (Philippe Ramin, Diapason)

 

“Les pieces qui Suivent sont d’une autre Espéce que celles que J’ay donneés jusqu’a present. […] Je les avois faites pour les petits Concerts de chambre, ou Loüis quatorze me faisoit venir presque tous les dimanches de l’année. […] J’y touchois le clavecin. Si elles sont autant du goût du Public, qu’elles ont été aprouvées du feu-Roy ; J’en ay suffisament pour en donner dans la suite quelques volumes complets. Je […] leur ay conservé pour titre celuy sous lequel elles etoient connües a la Cour En 1714. Et 1715.”
François Couperin, Préfaces des Concerts Royaux

Avec ce programme, qui a fait l’objet d’un enregistrement unanimement salué par la critique, Les Timbres reviennent à la musique de chambre française (après les Pièces de Clavecin en Concerts de Rameau – Flora, Diapason d’Or en 2014).

En grande compagnie, Les Timbres proposent une version particulièrement riche en couleurs de cet opus que Couperin publie en 1722 à la suite de son Troisième Livre de pièces de clavecin. Il y donne quatre suites de danses pour plusieurs instruments, de facture typiquement française, destinées à de petits concerts pour le roi vieillissant aimant là sans doute entendre ces danses qui lui ont procuré tant de plaisirs dans sa jeunesse.

De l’intimité d’un ou deux instrumentistes à la grandeur dégagée par dix musiciens, c’est à un festival de… timbres (!) que vous convie ce nouvel enregistrement de cette œuvre splendide de François Couperin.

Avec

Yoko Kawakubo et Maite Larburu violon
Elise Ferrière flûtes à bec
Benoît Laurent hautbois et grande flûte
Myriam Rignol et Mathilde Vialle viole de gambe
Julien Wolfs clavecin

Programme

Ce programme peut être adapté avec d’autres œuvres.

François COUPERIN (1668-1733)
Concerts Royaux (Paris, 1722)

Premier Concert
Prélude – Gravement
Allemande – Légèrement
Sarabande – Mesuré
Gavotte – Notes Egales et Coulées
Gigue – Légèrement

Second Concert
Prélude – Gracieusement
Allemande Fuguée – Gayement
Air Tendre
Air Contre Fugué – Vivement
Echos – Tendrement

Troisième Concert
Prélude – Lentement
Allemande – Légèrement
Courante
Sarabande – Grave
Gavotte
Muzette – Naïvement
Chaconne Légère

Quatrième Concert
Prélude – Gravement
Allemande – Légèrement
Courante Françoise
Courante à l’Italienne
Sarabande – Très Tendrement
Rigaudon – Légèrement et Marqué
Forlane. Rondeau – Gayement

Revue de presse

« Cette réalisation confirme toute l’exigence et l’inspiration que nous avions déjà fêtées »

Philippe Ramin,
Diapason, juillet 2018

DIAPASON D’OR

« Les Timbres élargissent leur ensemble à dix musiciens. Leur ingéniosité nous émerveille.

Examinons la gigue en sol : flûte à bec accompagnée de sa basse… au violon et de la petite octave du clavecin, puis reprise en tutti dont certaines cellules mélodiques sont traitées en écho… Cette véritable chorégraphie suggère une infinité d’intentions, multiplie les angles de vue sur un corps de ballet et ses solistes. La couleur est à la fois un dispositif scénique et son outil discursif.

Surtout, le travail sur ce paramètre amplifie, sans jamais la flouter, la précision fantastique du détail. On sait Couperin très pointilleux sur la question de l’ornementation : la plupart des musiciens ont tendance à prendre cette recommandation à la légère tant il semble légitime de marquer son territoire par quelque signe personnel… En scrutant le moindre recoin de chaque danse, Les Timbres réinvestissent la nature même de l’ornement. Nous emporterons sur l’île déserte la sarabande du Quatrième Concert, où les flûtes rivalisent de tendresse, cette courante au seul clavecin et cette courante « à l’italienne » sérieuse et spirituelle, où les cordes s’enivrent d’une inégalité gourmande. La complicité des musiciens et l’espace dans lequel ils savent prendre place sans s’encombrer permettent à l’étoffe instrumentale de ne jamais peser sur un contrepoint élégant et sophistiqué. Le travail sonore atteint des sommets de raffinement ; l’esprit de la danse peut alors se conjuguer à une nouvelle dimension poétique.

Cette réalisation confirme toute l’exigence et l’inspiration que nous avions déjà fêtées dans les Pièces en concert de Rameau, premier projet discographique des Timbres. L’éloquence du style y est tranquillement souveraine. »

« Couperin… Royal ! »

Bernard Postiau,
Crescendo Magazine, septembre 2018

SON : 10 / LIVRET : 10 / RÉPERTOIRE : 10 / INTERPRÉTATION : 10

« (…) par rapport à ses concurrentes, la présente version s’impose avec évidence car on imagine mal davantage de munificence ramenée à un si petit nombre de musiciens, le tout joué avec une délicatesse et une large respiration qui ne peuvent que frapper l’imagination et inciter à l’apaisement et au plaisir simple d’une écoute sans nuages. Un très beau moment et un disque admirable. »

« Le miracle se produit »

Elvire James,
Classiquenews, mai 2018

CLIC DE CLASSIQUENEWS

« L’ensemble LES TIMBRES ne cesse de régénérer la scène baroque et l’approche des œuvres, dont comme ici, les plus difficiles. Les habitués le savent bien à présent : le collectif incarne une pratique musicale en partage qui révolutionne concrètement le fonctionnement d’un ensemble. Ce jeu sans leader, comme s’il s’agissait pour chaque programme d’une conversation à parties égales, a depuis produit ses effets… souvent éblouissants.

A une telle école de l’intelligence collective, de la suggestion et de l’infinie richesse des nuances, les Timbres font merveille, invitant à leur table raffinée, mélancolique, enivrée, plusieurs complices de leur choix, à leur convenance, car François Couperin (1668-1733), s’agissant de l’instrumentarium de ses Concerts royaux, a laissé l’interprète libre de choisir les combinaisons sonores, question de goût, question de timbres. Ainsi autour du noyau trinitaire (violon / viole / clavecin), se joignent hautbois, flûtes, seconde viole… le miracle se produit à la fois voluptueux et subtil.

L’écriture de Couperin convient d’autant mieux aux Timbres, qu’elle cultive et inspire le jeu collectif, le dialogue, l’esprit d’une conversation idéale. Voici assurément le premier sommet de la musique de chambre française.

La sonorité somptueuse et affûtée caractérise la phalange d’instrumentistes, tous solistes et chambristes de premier plan. Outre la science des phrasés, c’est l’hymne aux couleurs qui saisit. Mais ici, la finesse du geste et l’entente de tous permettent l’épanouissement de chacun. Ni abstraite ni calculée, la musique de Couperin coule avec une apparente sincérité qui est évidence. Une telle maturité est possible par l’intelligence de chacun avec les autres et le goût de la nuance, sans sacrifier le naturel.

Les musiciens réalisent l’un de leurs meilleurs albums : à travers l’éloquence du geste naturel précisément nuancé s’incarne alors une utopie d’ensemble. Les Timbres sont aujourd’hui une phalange sur instruments anciens parmi les plus convaincantes de l’heure. Pareille subtilité s’entend rarement. Procurez-vous en urgence ce disque enchanteur : le nouveau son baroque s’écoute et se dévoile à travers Les Timbres, un ensemble qui séduit décidément de plus en plus par leur éthique, leur engagement, leurs valeurs… un exemple pour toutes les nouvelles générations d’instrumentistes. »

« On fond de bonheur »

Alain Cochard,
Concertclassic, mai 2018

DISQUE DE LA SEMAINE

« Dès le Prélude du Premier Concert, le ton est donné ; on perçoit d’emblée les qualités d’une interprétation qui séduit de bout en bout par le raffinement de ses coloris. Leur justesse – jamais rien de trop fade ni d’excessivement avivé –, alliée à des phrasés d’une souplesse et d’un naturel parfaits, permet aux Timbres de saisir le juste caractère de chaque épisode des quatre ouvrages, avec un fini instrumental admirable, qu’il s’agisse de la qualité d’intonation des cordes ou du fruité délicieux des vents – on fond de bonheur en écoutant les tendres flûtes de la Sarabande du Quatrième Concert… « Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude » : le mot de Cézanne vaut pour dire la merveilleuse réussite des Timbres. »

« Une féerie de couleurs et de timbres »

Alain Huc de Vaubert,
Resmusica, juillet 2018

CLÉ RESMUSICA

« C’est en suivant les recommandations de Couperin que le trio initial des Timbres a augmenté son effectif à dix instrumentistes afin d’obtenir une palette de couleurs aussi riche que possible, et la réussite est totale. L’écriture de Couperin convient parfaitement aux Timbres, cultivant et inspirant le jeu collectif, le dialogue, l’esprit d’une conversation idéale qui caractérise leur identité, ce qui nous avait déjà ravi chez Rameau. Dans ces pièces, leur jeu collectif trouve la respiration juste, l’élégance naturelle et surtout une intonation d’une mélancolie souveraine. Au-delà de la science des phrasés, c’est cette volupté kaléidoscopique de couleurs qui nous enchante, avec toute la spontanéité, le raffinement, la tendresse et la souplesse que requiert cette musique longtemps corsetée dans une austérité hors de mise. On peut considérer qu’il s’agit du premier sommet de la musique de chambre française.

Cette interprétation de haut vol, qui succède à de grands anciens comme Martin Gester (accord 2001), Wieland Kuijken (Accent 2003) ou Jordi Savall (Alia Vox 2005), s’inscrit comme la nouvelle référence de cet ouvrage relativement peu fréquenté.

Comme à l’accoutumée des productions du label belge Flora, la présentation de l’objet est particulièrement soignée dans un digipack illustré d’un tableau Animaux fleurs et fruits d’Alexandre François Desportes (1717, Musée de Grenoble), avec un texte érudit et passionnant. »

« Une vision aboutie empreinte de poésie »

Jean-Pierre Robert,
On Mag, juin 2018

NOTE : 5/5

« Formé en 2007, l’ensemble Les Timbres occupe une place de choix parmi les formations baroques depuis qu’il a remporté le Premier prix du concours international de musique de chambre de Bruges en 2009. (…) L’ensemble Les Timbres donne de ces pièces une vision stylistiquement aboutie, empreinte de poésie et d’une grande pureté instrumentale, qui se signale par son sens de l’équilibre entre les parties, cordes et bois. »